Une chose à la fois.

Par Amélie Fischer.

 

«Il convient d’être complètement présent dans chaque geste : se concentrer ici et maintenant, telle est la leçon du Zen.» (Taisen Deshimaru)

 

Quelque chose me fascine dans l’approche du Zen, que l’on soit religieux ou non. Notamment cette précision constante, cette qualité de présence pour chaque détail, chaque acte, chaque instant.

Consacrer l’entièreté de son être à une seule tâche à un moment donné, ce n’est pas comme ça qu’on nous apprend à être, ici.

Parce que si on essayait cela, bien des tâches de notre journée ne seraient pas accomplies. Là vient ensuite l’angoisse. Vais-je être moins heureux si je n’ai pas le temps de caser les 50 000 petits gestes du quotidien dans ma journée? Que se passera t’il si je décide de faire une chose à la fois?

Tout cela semble un peu aux antipodes de nos habitudes, et pourtant…

Lorsque tu te concentres sur ta respiration, lors d’un exercice de pranayama (exemple: quand tu inspires en comptant jusqu’à 4 et que tu expires sur 4 aussi), tu es bien en train de ne faire qu’une seule chose à la fois.

Je me rappelle d’une discussion que j’ai eu récemment au sujet d’avoir des conversations au téléphone. T’est il déjà arrivé d’être au téléphone avec quelqu’un, mais en même de t’occuper de la bouffe, du ménage, du rangement, de ton chien, de tes ongles?

Qu’en est il alors de ta qualité de présence avec la personne que tu as au téléphone? Que se passerait-il si tu lui demandais de rappeler dans quelques minutes ou si tu choisissais de lui consacrer tout ton temps?

Je me rappelle aussi de la fameuse méditation de l’orange. Tu sais, quand tu décides de vraiment manger ton orange avec présence. La regarder, la sentir, la toucher, prendre le temps de l’éplucher, de la goûter, de noter où s’en vont les saveurs dans la bouche, quelles sont ces saveurs. «Ils disent» même que prendre son temps, ça aide à digérer… Allons-y!

Nous ne sommes pas des surhumains, nous avons nos habitudes, mais ce tourbillon de stimulations et d’activités constantes nous fait parfois perdre la tête et aussi notre présence.

Nourrir ton temps par des moments où tu ne te consacres qu’à ta respiration, qu’à tes sensations, ou encore à tes mouvements, est un premier pas vers cette présence. Puis on sait que la régularité crée souvent des changements à l’extérieur du tapis. On a toujours le choix, comme on dit!


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