Résolution ou réalité

Par Geneviève Drolet.

Mise en situation:

31 décembre 2018: « À partir de demain, c’est décidé, je mange encore plus de légumes, je me lève plus tôt, je médite tous les jours, je réduis mes dépenses, je commence à m’entraîner, je me couche plus tôt… 2019 you are my bitch! »

1er janvier 2019: « Ah, je vais dormir encore un peu… »

15 janvier 2019: « Ça passe vite pareil hein, le mois de janvier? »

Fait que. Toi? Ça va comment, tes résolutions?

Des Babyloniens qui faisaient des promesses aux dieux, 2000 ans avant Jésus Christ, en échange de bonnes récoltes au moment de l’équinoxe du printemps en passant par le calendrier julien (comme dans César l’empereur, pas la salade…) où janvier était identifié comme le mois du « nouveau temps », les résolutions de début d’année ne datent pas d’hier.

En fait, si on calcule bien, elles dateraient de 4019 ans. Ça en fait des résolutions pas tenues ça, hein?

Parmi les plus populaires, on dénombre, bien sûr, la fameuse perte de poids. Après la période des Fêtes où l’on se « permet » tous les excès, ce désir de contrôle de notre enveloppe corporelle nous donnerait la (fausse) impression de reprendre le contrôle de notre vie.

Implicite à la résolution de perte de poids, celle de faire plus de sport s’ajoute aussi à la longue liste d’objectifs annuels formulés par bien des mortels. Malheureusement, d’après les données amassées par  l’application Strava, les gens ne maintiendraient leur résolution de nouveaux sportifs/sportives que durant… 12 jours! Ce serait en effet la moyenne répertoriée sur les 31 millions de comptes par les statisticiens de cette société qui, à l’aide de GPS, enregistre les activités de ses abonné.es.

De manière plus générale, dans sa désormais populaire étude sur le sujet, le professeur de psychologie Richard Wiseman révèle que seulement 12% des personnes qui prennent des résolutions en début d’année réussissent à les maintenir. Ça fait 88% du monde qui les tient pas, ça. Ça commence à faire beaucoup quand même.

Parmi les autres résolutions populaires, mais dont le taux d’abandon est aussi, malheureusement, très élevé il y a :

  • Manger mieux
  • Prendre soin de soi
  • Faire du bénévolat
  • Passer plus de temps avec ses proches
  • Économiser davantage
  • Trouver un meilleur d’emploi
  • Arrêter de fumer

Est-ce qu’il y en a une (ou plus ) qui sonne une cloche chez toi? Il y a des chances que oui.

Le problème avec ces résolutions ce n’est pas la pureté ou la légitimité des intentions qui les sous-tendent, mais plutôt leur réalisme.

Selon le psychologue Pierre Faubert, cette urgence de « mettre de l’ordre » dans nos vies à la suite de la période plus chaotique des Fêtes nous pousserait à mal évaluer nos réels besoins. C’est-à-dire que, selon lui, nous devrions nous intéresser à nos comportements, à ce qui est près de nous, plutôt qu’à des objectifs lointains et flous qui nous laissent, plus souvent qu’autrement, une sensation d’échec après quelques mois, voire quelques semaines, à tenter de s’en approcher.

Ainsi, plutôt que de viser des changements ou des transformations grandioses, il faudrait viser des résolutions réalistes, simples et intériorisées. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la résolution n’est pas le début d’un processus de changement. Elle n’en est qu’une composante, parmi d’autres.

Il est donc préférable de s’intéresser à toutes les parties constituantes de ce processus et non seulement au début (la résolution) et la fin (le résultat).

Répétons-nous donc en ce début d’année que (tu peux choisir ta citation préférée):

  • « Ce n’est pas le résultat qui compte, mais le chemin »
  • « Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager »
  • « Ce n’est pas la fin qui compte, mais le voyage »
  • « Prends ton gaz égal »

Euh.. attends là… c’tu des résolutions ça?


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