Quand le prof de yoga n’était pas un ninja…

Par Amélie Fischer.

Tu sais, ce moment où tu arrives à ton cours de yoga et tu vois ce prof tellement calme, joyeux et détaché avec une voix très douce? Ce moment où tu te demandes comment il fait pour ne pas avoir de problèmes?

Eh bien sache que non, le prof de yoga n’est pas toujours un ninja (ce qui pourrait être une bonne nouvelle, non?)

J’en fais moi-même l’expérience régulièrement. Parce qu’on a beau vivre avec notre passion, c’est pas toujours totalement rose. Voici de petits exemples quotidiens:

  • Dépendre souvent des studios, de leur succès, de leurs décisions.
  • Savoir qu’à tout moment, tes cours peuvent être retirés de l’horaire.
  • Attendre parfois ton salaire pendant des semaines.
  • Ne pas savoir combien de cours tu donneras dans deux mois, ou même dans un mois, ou même demain.
  • Courir toute la journée de studio en studio et souvent manger seul(e) entre deux cours.
  • Croire que tu vas être riche au début du mois mais non, il faut mettre au moins 20 à 30% de ton salaire de côté.
  • T’en vouloir quand tu as fait une grosse dépense et que tu as oublié de garder la facture.
  • Avoir du mal à t’engager parfois dans des projets parce que tu ne sais pas à quoi ressembleront les prochains mois.
  • Ne pas avoir de congés payés.

On fait nos formations avec tellement d’enthousiasme, avec sûrement cette envie de peut-être sauver le monde, qui sait? Qu’on va évoluer dans un environnement où chacun prend soin de soi et des autres.

Malheureusement, tous les domaines ont leurs failles. Tous les gens n’ont pas les mêmes intentions. Sauf que moi je vis dans un monde de licornes où tout est sûrement très beau et toutes les intentions sûrement très nobles.

Alors non, on n’est pas des ninjas. On vit notre lot de déceptions, de frustrations, de stress. Et même si on connaît sûrement pas mal d’outils pour affronter tout ça, ça veut pas dire qu’on est capable de les mettre en pratique en permanence…

Tout ça n’a pas que du mauvais tu me diras, car déjà, il y a bien plus grave comme problème. Tous les matins j’ai envie de me lever et d’aller faire ce qui est prévu dans ma journée. Tous les matins je sais que je m’en vais faire quelque chose en quoi je crois profondément. Tous les jours je côtoie des gens qui, malgré les tempêtes quotidiennes, tentent de trouver ce bonheur et même d’y arriver ensemble.

Et puis les jours plus difficiles (où je m’aperçois que tout n’est pas fait que de licornes) me ramènent les pieds sur terre. On n’est pas au sommet d’une montagne en train de méditer et de penser à notre vie sur cette terre en permanence. On est dans une ville, avec son quotidien, ses attentes, ses gens, son stress et ses obligations.

Après tout, rien ne m’empêche de les créer mes licornes. Parce que rien ne vaut une bonne licorne mauve et turquoise, passionnée, sans doute un peu naïve, mais tellement contente d’avoir choisi cette direction!


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