Joindre l’utile à l’agréable

… ou Pourquoi on est « down »[1] avec les bases

Par Geneviève Drolet.

Le yoga c’est bien plus que les postures –  « asana » en sanskrit – puisqu’il s’agit d’une discipline holistique permettant la communion, notamment, du corps, de l’esprit et de la respiration.  Parfois présentée comme mystique, cette communion est pourtant accessible, peu importe ta génétique, ta forme physique et, surtout, ta flexibilité (on reviendra là-dessus, mais NON, tu n’as VRAIMENT pas besoin d’être flexible pour avoir une pratique de yoga complète et bénéfique).

Plus qu’une pratique sportive, c’est aussi une philosophie, un mode de vie nous permettant d’épouser des principes et des règles de conduite (personnelles et sociales) afin de faire émerger le meilleur de nous, comme humain mais aussi comme société.

Par contre, en Occident, sa forme la plus populaire est définitivement celle reliée aux « asanas » (as-tu regardé les pages Facebook et Instagram associées au yoga récemment?). Les postures souvent mises de l’avant demandent des qualités athlétiques bien loin de celles que la majorité des gens pensent avoir et donnent l’image d’un yoga se rapprochant davantage de la gymnastique ou de l’art du cirque.

Non pas qu’il soit complètement proscrit d’opter pour ce type de pratique désignée comme plus « athlétique » (et non pas « avancée », on reviendra là-dessus un jour…) mais, comme « il faut savoir marcher avant de pouvoir courir », il est recommandé de comprendre les bases et les fondations des postures pour s’assurer que ta pratique est adéquate et, surtout, sécuritaire.

Loin d’être « plate » ou « facile », la compréhension des alignements de base des différentes familles de postures (postures debout, extensions, flexions, torsions, inversions) permet de développer des outils essentiels pour, justement, développer une pratique « avancée » où tu auras accès au maximum de bénéfices, physiques et psychologiques. Pour vrai, les bases c’est le fun ET utile.

Voici 5 raisons qui expliquent pourquoi :

  • Prévient les blessures

Une récente étude dévoile que, entre 2001 et 2014, près de 30 000 cas de blessures associées au yoga ont été répertoriées dans les urgences des hôpitaux aux États-Unis. Donc, oui, c’est possible de se blesser en pratiquant le yoga. D’ailleurs, cette même étude dévoile que ce serait même de plus en plus courant puisque, entre 2001 et 2014, le nombre de personnes se blessant en pratiquant le yoga a carrément doublé. La solution proposée? Revenir aux bases et intégrer une pratique respectueuse de son corps.

  • Développe la proprioception

La proprioception désigne la capacité, consciente ou non, à déterminer la position des articulations les unes par rapport aux autres ainsi que la capacité à situer leur position dans l’espace (par exemple : à quel endroit se situe ton pied, quand tu marches, par rapport à ta hanche, ton genou et ta cheville). Il s’agit d’un terme dont la définition comporte son lot de controverses mais, sans trop entrer dans les contradictions des différents paradigmes, on peut dire que c’est à peu près ça.

  • Améliore la stabilité et la mobilité articulaire

Quand les gens pensent au yoga, le mot le plus fréquent qui revient c’est la fameuse flexibilité. Même si une pratique régulière de yoga améliore effectivement ta flexibilité,  il s’avère que, pour ta santé articulaire, la stabilité et la mobilité articulaire sont tout aussi importantes. En s’attardant aux bases, notamment à certains alignements, tu pourras développer ces qualités fondamentales à une pratique sécuritaire et, surtout, bénéfique. Attention par contre, il faut éviter de tenter de reproduire  à tout prix les alignements dans leur pureté théorique absolue. Ce serait comme essayer d’adapter un gâteau rond, déjà cuit, dans un moule à pain aux bananes (c’est-à-dire un moule carré). Ça peut faire des dégâts.

  • Donne un meilleur accès à la respiration

En prenant un peu plus de temps pour installer ta pratique dans ton corps (oui oui, ça se peut), tu auras un meilleur accès à ta respiration, outil fondamental de la pratique de yoga. À long terme, cet accès à une respiration plus complète pourrait développer une meilleure capacité respiratoire en renforçant, notamment, le diaphragme et les muscles intercostaux (muscles entre les côtes).

  • Développe la conscience corporelle

La conscience corporelle diffère de la proprioception dans la mesure où elle se développe en intériorisant la capacité à ressentir les sensations de ton corps (certaines sources parlent d’« introception »). Cet outil te permet, notamment, de véritablement « respecter tes limites » (tu sais, cette phrase que tu entends souvent dans les cours sans trop savoir – peut-être- ce que ça veut vraiment dire) parce que tu apprends à reconnaître les bonnes et les moins bonnes sensations dans TON corps.

Fait que, es-tu « down » avec les bases maintenant? 🙂

Sources :

[1]Tu ne sais pas ce que ça veux être « être down »? T’inquiètes. Ça veut juste dire que tu as fini ton secondaire il y a plus de 10 ans.  C’est pas une expression yogique. C’est plus une expression de la génération milléniale qui veut dire « être willing » ou que « tu es motivé.e à faire quelque chose ». Genre (ça, c’est une expression de la génération Y) 😉

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