Une voiture, une rencontre…une (co)naissance !

Par Johanne Michaud

 

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Une journée froide de janvier,

. je suis en voiture, sur le point d’entrer sur l’autoroute. Et là… juste là… il y a une dame sur l’accotement, avec plusieurs sacs qui semblent lourds… cette lourdeur semblait faire partie de tout son être.


Elle fait du pouce. Je m’arrête et lui demande vers où se dirige- t-elle…

« Vers St-Apollinaire ». SUPER!  Je peux vous traverser sur l’autre rive… où est-ce que je pourrais vous déposer?


« Je vais vous le montrer ». 
 
Elle ouvre la porte arrière et dépose tous ses sacs sur la banquette arrière.


Elle me regarde à plusieurs reprises du coin de l’œil, lors du trajet. On échange sur le froid.

Elle a les mains nues, je lui demande « As-tu des gants ?». Elle s’empresse de me répondre « oui oui… je suis très bien habillée…», puis elle se reprit en disant « je ne veux pas dire… bien dans le sens bien… mais chaud » tout en posant le regard sur moi!
Elle me dit qu’elle a de la famille là ( St-Apollinaire ). Elle est là, près de moi… tout près… et pourtant si loin ! 
Puis, elle me demande de la laisser au Normandin… au stop truck. « Je vais me reposer un peu ».
 
« Est-ce que vous auriez un peu de monnaie? » me dit-elle, quelques secondes avant que j’arrête ma voiture.
Comme je suis « joyeuse » de réaliser que oui, j’en ai, car avec la carte bancaire aujourd’hui, il est rare que j’ai de l’argent sur moi. Je lui donne tout ce que j’ai. Elle me regarde furtivement en me remerciant… pour le trajet et… l’argent.
 
Là… je lui prends la main, la regarde dans les yeux, et la remercie  d’avoir été sur ma route… de m’avoir offert l’opportunité « d’attiser en moi la flamme de donner au suivant ». « Merci encore  » d’avoir été là… vous avez été le cadeau de ma journée » lui dis-je !!!
 
À ce moment, fuyant toujours un peu mon regard, elle dépose ses yeux dans les miens… et tout à coup… j’accède… à « elle », elle me parait… SI PRÈS DE MOI… Sans mot, l’on reste ainsi quelques instants… en ces temps et lieux… « Nous sommes »… simplement. 


Comme si, au-delà des rôles que nous jouons dans ce monde de la forme, l’on reconnut soudain… la source… d’où l’on vient toutes deux!

 

 

Puis, elle sort doucement de la voiture, avec un léger sourire, elle prend ses paquets, et là… elle me dit : « C’est drôle »… en  ricanant, « y’ont l’air moins lourds que tantôt »!


Je l’observe, elle se dirige vers la porte du restaurant, elle m’apparait soudain GRANDE… très grande, elle marche d’un pas léger, se tenant la tête relevée, presque gambadant… puis… tout à coup… elle se retourne… cherchant mon regard… et SOURIT !!!!

Et si la vie, en fait…était une simple pièce de théâtre, où l’on met en scène tel un miroir, le reflet de ce que l’on y projette.

Loin de la hiérarchie de rôle, chaque acteur vibrant de cette même source.

« Pour jouer à la police…ça prend des bandits »


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