Se Blesser ou bouger en pleine conscience.

Par Mélisse Birac.

 

Ou comment une blessure m’a amenée à m’interroger sur cette idée.

 

Se blesser, ce n’est jamais le fun, personne ne souhaite ça (et je ne vous le souhaite pas!)

Que ce soit lors d’un accident de la vie, suite à un faux mouvement ou parce que le corps est fatigué, le résultat est toujours le même : une contrainte ou une limitation des mouvements.

Lors d’un récent accident, j’ai fait face à cette contrainte, deux pieds en vrac, un arrêt de travail et du temps pour réfléchir.


Passée la première phase de choc et d’acceptation, je me suis vite rendue compte d’une chose : ce n’est pas facile pour le cerveau de s’adapter. 

 

Habitué à des mouvements plus rapides, mécaniques et automatiques, il n’est pas prêt à ralentir. Et quand ce cerveau fait défaut et qu’il n’est pas en accord, le corps est là pour faire un rappel : poser un pied fracturé au sol par « réflexe » c’est assez douloureux !

Alors petit à petit, il est bien obligé de s’y acclimater, il s’exerce à suivre le corps contraint et à en prendre soin. Pour en prendre soin, l’esprit développe ce que j’entends souvent pendant la pratique de yoga : « bougez en conscience ». Et c’est là que ça devient intéressant car soudain, cette phrase prend aussi son sens en dehors du tapis !

 

Pendant le cours, l’esprit divague et certains mouvements, les vinyasa pour ma part, se font en automatisme. Quand la prof prononce cette phrase « essayez de bouger en conscience », l’esprit revient se connecter au corps pour être pleinement présent à ce qui se passe. Il est traversé par des considérations infimes mais qui font du sens à ce moment là : la position de mes bras, la longueur dans ma nuque, l’appui de mes pieds, mes omoplates qui se rapprochent, mes épaules détendues, les muscles de mes jambes, mes abdominaux qui m’aident à faire les transitions… Tous ces mouvements, tous ces ajustements se font de manière plus consciente et c’est une joie d’avoir l’opportunité d’être présent à soi ! N’est-ce pas d’ailleurs un des intérêts du yoga ?

En dehors du tapis, la vie redevient plus rapide et on a tendance à oublier cette présence avec soi-même. Et c’est là que la blessure, si énervante soit-elle, permet de revenir à cet état.

Avec la contrainte physique, l’esprit est obligé de ralentir et de se concentrer. Un peu comme quand on apprend à jouer de la guitare et qu’on veut placer ses doigts sur les bons accords. Le cerveau s’arrête et décortique chaque mouvement : le placement de ma cheville, l’axe pour qu’elle me supporte, mes bras pour me soutenir, mes abdos qui me stabilisent (bénis soient les abdominaux travaillés au TRX !), la position de mon dos, mes hanches qui accompagnent le mouvement, le point que je fixe pour mon équilibre et surtout ma respiration pour soutenir toute cette concentration !

 

Chaque mouvement a une incidence, chaque décision est faite en pleine conscience. Et si l’esprit divague et revient à l’automatisme, le corps lui n’oublie pas et c’est la chute, la gamelle, la valdingue, le gadin (appelez ça comme vous voulez) assuré !

Alors ça paraît un peu intense peut-être mais, parce que la lenteur et la prudence sont parfois bénéfiques pour le corps, profitez donc de bouger en pleine conscience pour reconnecter votre esprit avec vos mouvements. Ils n’en seront que plus délicieux !

Et comme l’a écrit Jean de La Fontaine : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ! »


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