Quand Facebook devient « Stressbook »?

Par Geneviève Drolet.

Je n’ai jamais été quelqu’un de vraiment « su’a coche » côté nouvelles technologies. J’ai eu une adresse Hotmail après tout le monde (ben… sauf ma mère peut-être…), j’ai résisté longtemps à avoir un compte Facebook, encore plus longtemps Instagram (que j’utilise jamais) et j’ai eu un téléphone intelligent relativement tard (à l’échelle des nouvelles technologies qui, depuis l’avènement du micro-ondes, provoque une relation au temps complètement distortionnée; vite de même, suis-je la seule à faire réchauffer mes affaires 1 :11, 2 :22 ou 3 :33 au micro-ondes? Quand je me suis rendu compte que je ne me donnais même pas la peine de déplacer mon doigt sur les chiffres du clavier du micro-ondes, je me suis vraiment dit que j’avais atteint un seuil de paresse aussi inquiétant qu’impressionnant… c’est ça aussi, les nouvelles technologies.)

Bref, je disais donc que j’ai eu un téléphone intelligent relativement tard, soit 2014-ish. Cela pour toutes sortes de raisons dont un séjour d’une année en France (plus précisément à Rennes, où c’est novembre 8 mois par année) et aussi parce que, des fois, je ne veux pas faire comme tout le monde « juste parce que » (je tiens ça de mon père).  

Au début, je n’avais même pas de données pour aller sur les z’internet, mais après un certain temps, mon fournisseur de réseau m’a proposé une OFFRE QUE JE NE POUVAIS PAS REFUSER qui me donnait accès à un forfait « liberté » – ou une affaire de même – pour utiliser Internet presque sans modération… la liberté?  Yeah, right.

Au contraire, je suis devenue lentement, mais sûrement, complètement dépendante de mon téléphone, étant pratiquement prise de convulsions quand je ne le trouvais pas. Un phénomène répandu puisque, selon une étude menée par Rogers Communication, 64% des Québécois.es se sentent démuni.es sans leur téléphone intelligent et accès à Internet (l’étude ne parle pas de convulsions, par exemple). Poussée à l’extrême, cette peur d’être coupé du monde virtuel s’appelle la « nomophobie » (No Mobile Phobia, là, peut-être qu’il y a des convulsions).

Pour moi, honnêtement, la pire affaire, c’était ma consultation compulsive des réseaux sociaux. Savais-tu ça, toi, qu’un détenteur de téléphone intelligent sur deux consulte ses médias sociaux avant même d’avoir mis le pied hors du lit?  Je l’avoue, c’était mon cas. Et, parce que j’ai plus que 22 ans, le réseau social que je consultais dès le réveil était Facebook.

Sous prétexte que j’y trouvais des informations intéressantes et pertinentes pour mon travail, j’y allais donc fréquemment. Après avoir passé plusieurs minutes (heures?) à regarder mon fil d’actualité, je me sentais souvent tout croche, un peu bousculée par le lot d’informations reçues, mais ne je comprenais pas très bien pourquoi j’étais dans cet état.

Eh bien, ce serait possible que ce soit parce que, sur Facebook, certaines informations ou certains statuts qu’on lit ou qu’on voit témoignent du stress vécu par des personnes, des organisations et même des pays entiers. Des études ont démontré que le simple fait d’observer une autre personne vivre du stress, même si on ne la connaît pas, nous amènerait à sécréter des hormones de stress. C’est ce qu’on appelle la « contagion du stress ».

Une contagion qui a le vent dans les voiles puisque 7 Canadiens sur 10 communiqueraient entre eux par l’entremise des réseaux sociaux. Le plus utilisé? Je te le donne en mille: Facebook.

C’est peut-être la raison pour laquelle, un peu avant les Fêtes, j’ai comme senti le besoin de « faire de la place dans mon cerveau » et de mieux sélectionner les informations qui y « entraient ». Sans me couper complètement de ces réseaux virtuels qui peuvent aussi avoir des effets positifs sur notre stress si on les utilise de manière adéquate, j’avoue que je sens s’installer une forme de « calme » dans ma tête que ça faisait longtemps que je n’avais pas senti.

Pour en savoir plus sur les effets des nouvelles technologies sur la santé mentale, je t’invite à lire l’édition automne 2017 du Mammouth Magazine, publié par le Centre d’études sur le stress humain.

Tu le trouveras à cette adresse https://www.stresshumain.ca/wp-content/uploads/2017/11/Mammouth-17-PRINT.pdf

Bonne lecture!


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