Les 8 membres du Yoga

Par Élie Dubois-Sénécal.

Contrairement à ce que plusieurs peuvent penser, le yoga n’est pas un sport. C’est plutôt une discipline axée autour d’une philosophie. Le yoga vise, par plusieurs moyens, l’union entre le corps, l’esprit, l’univers et ce qui le compose. Les postures ne sont qu’une petite partie de ce qu’est le yoga.

Le yoga possède 8 branches, ou autrement dit, 8 étapes importantes pour atteindre l’épanouissement dans sa pratique. Quand je dis pratique, encore une fois, j’inclus chaque aspect de notre vie, puisque le yoga est une manière de vivre. 

Ces 8 branches, c’est Patanjali (une figure centrale dans l’histoire du yoga) qui les a rassemblées dans le Yoga Sutra (un texte décrivant l’essence même du yoga en 195 aphorismes).

Alors, quels sont ces 8 membres du yoga?

  1. Les Yamas. Ce sont les moyens de trouver l’harmonie avec les autres. On les compte au nombre de 5.
  • Ahimsa : La douceur. Ce yama, pas facile pour tout le monde… Que ce soit envers soi-même ou envers les autres, la douceur se retrouve dans nos pensées, nos paroles et nos actions. Par exemple, ne pas t’autoflageller si tu tombes dans la posture de l’arbre un bon matin, dire merci, ou bien être patient.e avec la caissière ou le caissier.
  • Satya : La vérité. Encore une fois, envers autrui et envers soi-même. C’est être profondément en accord avec tout ce que tu fais, tout ce que tu dis. Terminés, les petits mensonges anodins. Terminées, les relations dans lesquelles tu essaies de te convaincre que tu es épanoui.e.
  • Asteya : La traduction exacte serait de ne pas voler, mais j’irai plus loin en disant la générosité. Par exemple donner ton temps pour une cause, ou pour un.e ami.e qui en a besoin, partager tes connaissances.
  • Bramacharya : La modération. Quand c’est bon, on en veut encore, toujours plus, et c’est normal. Mais c’est tout à notre avantage de dompter notre petit démon intérieur.
  • Aparigraha : Célébration de l’abondance. C’est reconnaître que ce que tu possèdes est amplement suffisant, de reconnaître ta chance.
  1. Les Niyamas. Ce sont les moyens de trouver l’harmonie en soi-même. Ils font la transition entre les Yamas et la pratique. Il y en a 5.
  • Shaucha : La pureté. C’est la cohérence entre ses pensées et ses actions. Par exemple, ne pas perdre ton temps dans un emploi qui te donne des envies de défenestration.
  • Samtosha : La satisfaction. Être satisfait de ce que tu as sans désirer plus.
  • Tapah : L’ardeur dans la pratique. C’est toute la dévotion, tout le temps que tu mets dans ta pratique.
  • Svàdhyyàya : La volonté de se connaître soi-même, la curiosité de sa propre personne.
  • Ishvarapranidhàna : Le lâcher-prise, agir dans le mouvement de la vie. Par exemple, ne pas t’impatienter dans le bouchon sur l’autoroute… ou rire un peu si tu tombes sur les fesses dans la posture du corbeau!
  1. Àsana : C’est la pratique dans les postures. La traduction exacte est siège. C’est l’équilibre entre l’effort et la détente. Comment tu t’établis en toi-même. Je ne le dirai jamais assez souvent : pour s’épanouir dans notre pratique, il est primordial de comprendre comment on habite notre corps.
  1. Prànàyama : C’est la pratique de la respiration. Le souffle est naturellement long. La façon dont nous décidons d’entrer dans le mouvement accéléré de la vie peut cependant modifier le rythme, la profondeur et l’emplacement du souffle. L’important, c’est vraiment de garder une conscience dans la respiration pour premièrement la comprendre, puis ensuite s’assurer qu’elle soit fluide et ininterrompue.
  1. Pratyàra : C’est le fait d’arrêter de faire une fixation sur les distractions extérieures captées par les sens, pour se concentrer pleinement sur l’écoute intérieure. Quand les périphéries s’apaisent, le centre se révèle.
  1. Dhàranà : La concentration. Si ça t’arrive d’avoir les pensées qui vont dans tous les sens pendant ton cours de yoga, rassure-toi, tu n’es pas seul.e! Mon meilleur truc quand ça arrive, c’est de concentrer toute mon attention sur ma respiration, ou bien de combattre le feu par le feu et de me concentrer sur une distraction extérieure (par exemple les tuyaux d’eau qui font des glouglous au studio).
  1. Dhyàna : La méditation. Ok, je peux comprendre que ça peut paraître infaisable de prendre quelques minutes de ta journée pour t’asseoir et méditer. Je me disais la même chose, mais depuis que je prends minimum 10 minutes par jour pour le faire, j’ai la tête beaucoup plus libre, les idées plus claires, et le chaos dans ma tête s’estompe aussitôt. J’attends maintenant ce moment de ma journée avec impatience. Si ça ne te dit toujours rien, je t’invite à essayer une méditation un peu plus active. Par exemple te concentrer sur la sensation de l’eau sur tes mains quand tu fais la vaisselle, ou sentir ton poids contre le sol à chaque pas quand tu marches.
  1. Samàdhi. C’est l’état d’unité, d’union. L’état déconditionné, libre d’automatismes. C’est le but du yoga, quoi.

Alors voilà. Je sais que c’est beaucoup à penser chaque jour, mais je te jure qu’en y allant une étape à la fois, l’existence est soudain tellement, tellement plus légère.


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