La méditation, inacessible?

Par Élie Dubois-Sénéchal.

Méditation. En voilà un mot qui intimide…

La méditation a bonne réputation, pourtant elle peut paraître inaccessible. On entend souvent dire que pour méditer, il faut arrêter de penser, «faire le vide, sortir de sa tête». Pourtant, méditer ne s’agit pas de se couper du monde, mais bien de mieux en faire partie, en d’autres mots, c’est faire l’union avec lui.

Commencer à méditer peut-être difficile.

Parfois on y plonge avec les meilleures intentions, mais on finit par se décourager, souvent parce qu’on ne met pas toutes les chances de notre côté.

On peut avoir le réflexe de commencer en lion avec des méditations de 15 minutes, assis les jambes croisées en zazen en-ne-pensant-à-rien.

Essayer de ne pas penser peut augmenter l’agitation interne et avoir un effet angoissant, ou au contraire, on peut avoir du mal à rester éveillé.e.

Comme j’en parlais dans mon dernier article, nous sommes des êtres d’habitudes. Étant donné que nous vivons dans une société capitaliste basée sur l’efficacité de production, cela fait partie de notre habitude.

Il est donc facile de se laisser entraîner dans une course folle et d’avoir besoin d’être constamment en action, tâche après tâche. Cette frénésie est épuisante, c’est pourquoi le pilote automatique embarque dans nos quotidiens, nous empêchant de savourer l’instant. Les pensées s’enchaînent et nous accompagnent jusqu’au coucher, où l’on revoit notre journée et planifie la prochaine. Le repos peut sembler hors d’atteinte.

Si on veut accueillir la méditation dans notre vie, il est idéal de commencer avec amour et empathie.

On peut commencer par l’inclure dans les activités quotidiennes, en essayant de rester présent.e avec tous ses sens.

Par exemple en faisant la vaisselle on peut s’attarder sur l’odeur du savon, la sensation de l’eau mousseuse sur les mains, l’air qui traverse la fenêtre ouverte pour nous caresser la nuque. Ou bien en se rendant à son lieu de travail, contempler la ville, écouter les bruits ambiants et ceux de nos pas, sentir son poids contre le sol. Bref, profiter des temps morts pour les rendre vivants et se placer dans un état de contemplation, d’observation.

Si on en a envie, une fois qu’on a parsemé notre quotidien de pleine conscience, on peut s’élaborer une routine, un court moment pour se poser et méditer. Prendre la peine de trouver un lieu sécurisant et calme, et porter son corps dans une position confortable qu’on peut tenir facilement pendant toute la durée de l’exercice.

Pour instaurer l’habitude, la régularité est notre amie, alors si c’est plus facile, on peut planifier ce moment à l’avance pour prendre rendez-vous avec soi.

Au lieu d’essayer d’arrêter de penser, on peut fixer son attention sur un objet ou élément neutre. La première fois qu’on m’a présenté la méditation, la personne qui guidait la pratique a posé un caillou en face de moi et m’a demandé de l’observer sans me laisser aller à mon flux de pensée habituel. J’ai trouvé l’exercice extrêmement difficile parce que le caillou me rappelait trop la plage de Sainte-Luce, un endroit où j’allais souvent enfant. Tout ça pour dire que si les objets évoquent trop en nous, le souffle restera toujours notre meilleur allié. On peut se fier à la respiration comme point d’ancrage.

Une fois que la méditation plus classique fait partie du quotidien, ça ne nous empêche pas de continuer à revenir au souffle à différents moments de la journée!

Plusieurs obstacles vont pointer leur nez chez nous, c’est inévitable. Il y a des jours où le mental n’en fera qu’à sa tête, aucune méditation n’est pareil, et c’est bien ça la beauté de la chose! Il est doux de s’armer d’un détachement positif, et ne pas s’attacher à ce qu’on a ressenti la veille.

Lorsque les émotions envahissent nos pensées, il est difficile de garder le focus. On peut alors inviter ce détachement et se rappeler, par exemple quand la tristesse nous ronge, que tout est impermanence. Sans nier ce que l’on ressent, laisser aller ce qui nous tourmente et accepter ce qui est. Certes c’est le travail d’une vie!

Bref, comme toute chose, la méditation, lorsqu’on la regarde de loin, ressemble à une pratique pour les autres, trop difficile. Cependant quand on prend la peine de la morceler pour mieux l’apprivoiser, elle est plus facile d’approche!


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