Gaspésie, je t’aime!

Par Kéane Côté-Demers.

Promenade en montagne du mardi. Une journée ordinaire, mais jamais banale lorsque tu décides de t’engouffrer dans le ventre des Chic-Chocs. En partance de Maria, je prends la route 299. Je suis la rivière Cascapédia qui houle de ses grands flots et fait danser la berge. Le soleil éclatant m’oblige à mettre mes lunettes fumées. Les bourgeons vert tendre sortent timidement d’un hiver ardu et viennent décorer les arbres de leur feuilles. 50 tons de verts qui me font sourire et rendent soudain ma vie tellement légère. 

La limite sur la route 299 est de 90 km/h pas mal partout, mais rien ne sert de se presser, le paysage est magnifique, je roule sous la limite, je prends mon temps. Chaque tournant apporte une vue saisissante qui ne demande que de l’apprécier.  Alors que les minutes semblent s’allonger, les voilà qui apparaissent. Les majestueuses: Albert, Olivine, Champs-de-Mars, Serpentine, Jacques-Cartier, etc. Les montagnes gaspésiennes imposent leur beauté époustouflante, c’est le coup de grâce. Je suis hors du temps. Tout en moi se tait et se concentre sur cette vision.

Je viens presque chaque année en Gaspésie depuis plus de 20 ans, mais le spectacle unique et grandiose me coupe le souffle chaque fois. Il y a quelque chose dans les montagnes qui me fascine, qui me rend curieuse et me donne envie de m’en entourer. Que ce soit à leur pied ou à leur sommet, je ne peux pas me sentir plus à ma place que sur une montagne.

Tout semble si petit à côté d’une montagne. Mes « problèmes » ne sont rien. JE ne suis pas grand-chose à côté d’elles. Et ce sentiment d’humilité qui monte en moi me fait le plus grand bien. Voilà ce qui est plus grand que moi: la nature. Voici ce qui me nourrit et me permet de recharger mes batteries à tous coups. Ça m’apaise, ça me donne confiance. Plus de stress, plus d’anxiété. Pour moi, l’environnement dans lequel je me trouve joue beaucoup sur mes nerfs. 

Je descends de la voiture. J’enfile mes bottes. Je mets mon sac sur mes épaules et je suis enfin prête. La balade ne sera pas très longue. Je n’ai pas mes raquettes alors les sentiers sont limités à ce temps-ci de l’année. Ce sera tout de même une belle randonnée. Dès que je mets le pied dans la forêt, une enivrante odeur de conifère séduit mes narines. Les oiseaux chantent. C’est le printemps. Tous s’affairent alors que moi je ralentis. Je suis ici pour prendre mon temps, me poser, respirer. Le sentier est boueux et enneigé par endroits. C’est une journée tout de même chaude et, rapidement, je me retrouve en t-shirt. 

C’est la première fois que je fais la randonnée du sommet de Champs-de-mars. Deuxième randonnée dans les Chic-Chocs. La première, les Valières, a été inoubliable pour moi, alors ça promet. Dans la neige, des traces d’orignaux. C’est gigantesque. Je suis seule alors je n’ai pas nécessairement envie d’en croiser un de près, mais de loin, pourquoi pas… Le sentier est assez court. En 45 minutes, je suis rendue au sommet. C’est là que je tombe nez à nez avec une orignale… Elle est à quelques mètres de moi. C’est impressionnant et plutôt intimidant. Je continue mon chemin en lui montrant que je pars dans la direction opposée d’elle et qu’elle n’a rien à craindre. Arrivée au sommet, c’est un caribou qui vient me rendre visite. Pas très nerveux, il s’approche, me contourne et va manger un peu plus loin.

Pas un brin de vent. La vue est magnifique. Je suis entourée de montagnes. Le soleil plombe. J’installe mes manteaux sur un petit button, je m’allonge et m’y fais bronzer. Je m’assoupis. La vie est belle. Autour de moi, les montagnes, mais aucun humain, je suis seule. Quel bonheur. Je reste là, deux heures. Et puis, je décide de redescendre. Je glisse sur la neige, je cours, me voilà devenue enfant. Je ris. Je chante. Je vis. C’est simple le bonheur, au fond. En tout cas, moi, j’ai trouvé ce qui me fait vibrer. Chaque fois, elle me le rend bien. Gaspésie, je t’aime! <3  


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